Allan Klein, le manager qui a précipité la chute des Beatles


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Les Beatles, malgré leur succès planétaire et les millions de disques écoulés, ont eux aussi connu une période de difficultés financières. La raison ? Les actions arbitraires d’Allan Klein, leur manager, qui mèneront – entre autres – à la dissolution du groupe.

Il y a dix ans, Allan Klein mourrait. Cet homme d’affaires américain, dirigeant de label, producteur et agent artistique, est connu pour avoir été le manager d’artistes comme les Rolling Stones, Sam Cooke… mais surtout des Beatles.

C’est en février 1969 que Klein prend les reines des affaires du quatuor. Depuis deux ans, le groupe demeure sans manager officiel, à la suite du décès par overdose de Brian Epstein, considéré comme le « cinquième membre des Beatles ». Le choix de Klein par John Lennon ne fait pas l’unanimité au sein du groupe. Paul McCartney sera le seul à ne pas signer de contrat avec l’Américain, qui devient alors manager financier de John Lennon, George Harrison et Ringo Starr.

Allan Klein accusé de mauvaise gestion des affaires

Très vite, Klein prend le contrôle des affaires du groupe et d’Apple Corps, la société de distribution de disques des Beatles. Les premiers mois, l’arrivée de Klein dans l’entourage du groupe semble bénéfique. Les finances d’Apple Corps se portent mieux, le naufrage financier prédit par Lennon quelques mois auparavant est évité. Il renégocie le contrat des Beatles avec EMI, en augmentant considérablement leur royalties.

Mais les tensions se font de plus en plus nombreuses entre les membres. Des conflits quant à la gestion financière, aux décisions prises par Klein et à l’avenir du quatuor éclatent.

Vendre des millions de disques ne suffit pas

Bien que la Beatlesmania soit en route et que le groupe monopolise les charts mondiaux, leur équilibre financier s’assombrit. Le manager profite de la situation de trouble pour s’enrichir sur le dos du groupe. Il met en place une série de négociations qui mènent à la réduction des bénéfices pour les membres et à l’augmentation de son profit personnel.

Plus encore, il engendre la perte de contrôle de Northern Songs, la maison de disques fondée par Brian Epstein et les Beatles, alors détenue à 49% par le groupe. Elle sera vendue au géant ATV, au grand dam du quatuor. Enfin, Klein précipite la perte de plusieurs jeunes artistes signés sur leur label, ce qui participe à l’ambiance délétère au sein du groupe.

Allan Klein, avec John Lennon et Yoko Ono

1970 signe l’arrêt de l’aventure pour les Beatles. Le groupe se sépare et s’ouvre alors un procès légendaire, opposant Paul McCartney à Klein et aux trois autres membres. C’est l’occasion, pour McCartney, de dénoncer la mauvaise gestion du manager, et de se débarrasser définitivement de son joug. Allen Klein touche alors 20% de tous les revenus du groupe, situation qui durera jusqu’en 1975, date officielle de la dissolution des Beatles. Pour les autres Beatles, les mésaventures avec Klein ne sont pas terminées.

Concert pour le Bangladesh : des millions de dollars détournés

En 1971, George Harrison organise The concert for Bangladesh, un show caritatif tenu à New-York, dont il est le principal musicien. Les deux concerts de l’événement rassemblent plus de 12 millions de dollars de dons.

George Harrison des Beatles organise un concert caritatif pour le bengladesh

Pourtant, une grosse partie de la somme devra attendre pas moins de 10 ans avant d’être reversée à l’Unicef ! Allen Klein, alors gestionnaire du concert, avait tout simplement “omis” de renseigner le fonds mondial comme bénéficiaire des revenus. L’argent était alors détenu par Apple Corps, une société à but lucratif, et non un organisme de bienséance.

C’est donc le fisc américain, qui gérait les comptes de l’entreprise, qui bloquera l’argent pendant la période. En 1972, le New York Magazine affirmera même qu’une partie de la somme a été détournée et versée sur les comptes personnels de Klein… Ce que ce dernier dément. Depuis, les relations entre les Beatles et Allen Klein ne se sont jamais rétablies. En 1974, John Lennon dira de lui dans Steel and glass : « Your teeth are clean but your mind is capped ».

En conclusion

Vendre des millions de disques ne suffit pas pour s’enrichir. L’histoire est remplie d’exemples de “riches ruinés”. Les Beatles n’ont pas été ruinés, c’est certain. Peut-être qu’Allan Klein, même s’il a détournés beaucoup d’argent, leur a permis d’éviter la faillite. Mais ce qui est sûr c’est que beaucoup d’argent a été perdu par les artistes.

Ce n’est pas parce que tu t’appelles “les Beatles” ou “les Rolling Stones” que ça suffit pour trouver un bon manager. Encore faut-il savoir ce qu’est un bon manager. Encore faut-il comprendre les enjeux des missions que tu lui confies.

Pour trouver un bon manager qui t’aide dans la gestion de tes affaires, tu dois comprendre toi-même quelles sont les problématiques juridiques et économiques auxquelles ton manager va être confronté.

Et surtout, tu dois comprendre quelle est son ambition à lui en tant que manager. Parce que, tu te rappelles ? Son rêve à lui n’est pas de réaliser TON rêve, mais le sien, et tu dois pouvoir l’y aider toi aussi 😉 J’en parle dans l’article sur le tue-business.

Sources :

Voici quelques article (en anglais) sur le sujet :


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