Besoin de financer ton album ? Voici les 7 aides et subventions à connaître


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Temps de lecture estimé : 12 min

Tu as besoin d’un coup de pouce pour financer ton album ? Besoin d’argent pour enregistrer, payer les musiciens, ou bien pour financer la promotion ? Certaines aides financières et “subventions” existent. Les connais-tu ?

Avant de commencer : Très important

Avant toute chose, je voudrais apporter une précision sur l’utilisation du mot “subvention”. On entend souvent parler de “demande de sub”. Du coup c’est devenu un terme générique pour parler d’une somme d’argent obtenue pour aider un projet.

Comprendre ce qu’est vraiment une “subvention”

Sauf qu’en réalité, une subvention est une aide financière mais versée par l’État ou une collectivité publique comme la région, le département, une mairie. >> C’est-à-dire que c’est de l’argent public ! >> L’argent des impôts payés par les citoyens.

Alors que tous les organismes dont on va parler ici sont des organisations professionnelles privées. Parce que les aides financières pour enregistrer un disque ne sont PAS des subventions. Ce n’est PAS de l’argent public.

Ce n’est pas tant pour une histoire de vocabulaire, je ne suis pas académicienne, je m’en fiche. Mais, c’est pour une histoire d’état d’esprit.

Tu te rappelles mon article sur le Tue-Business dans les Mythes & Bullshits de la musique ? J’y parle de l’importance de bien comprendre les objectifs de la personne en face de toi quand tu veux demander quelque chose.

Et bien, pour demander une aide financière à un organisme, tu dois comprendre quels sont ses objectifs, ses missions. Tu dois comprendre pour quelle raison cet organisme va t’aider.

Et s’il s’agit d’un organisme qui défend les intérêts des artistes-interprètes, ou lorsqu’il s’agit d’une institution publique qui représente l’État – donc qui est censé défendre l’intérêt général, tu te doutes bien que tu ne vas pas demander, ni présenter les choses de la même manière.

Quand tu demandes une aide financière à un organisme qui défend le travail des artistes-interprètes, mais que tu n’as aucune intention de leur verser un salaire : Qu’est-ce qui va se passer à ton avis ?

Donc, chaque fois que tu veux demander quelque chose à une organisation, vérifie bien qui elle est et ce qu’elle défend. C’est FONDAMENTAL.

JAMAIS de financement à 100 % !

Autre chose avant d’aller plus loin. Je te préviens tout de suite. Si tu attends qu’un organisme te “rembourse” à 100% tes “dépenses”, tu n’es pas au bon endroit. Le bon endroit c’est en Laponie, chez le Père-Noël.

Quand tu entres dans le domaine des aides financières et des subventions, tu passes dans le monde professionnel. C’est-à-dire qu’on ne parle plus de “dépenses”, on parle d'”investissements”.

Les aides financières et subventions que tu sollicites, ce n’est PAS LA SÉCURITÉ SOCIALE ou LA MUTUELLE ! Il n’y a pas de “prise en charge à 100%” !

L’idée ici, c’est que :

Tu penses que tu as un projet d’enregistrement d’EP/album qui va te permettre de développer ta carrière. Donc, qui va te permettre de générer des revenus pour toi, ton entreprise, tes collaborateurs. Alors, tu as décidé d’investir ton argent ou celui de ton entreprise, parce que tu crois au potentiel économique de ce projet. Donc, tu demandes à des organismes de t’aider à investir parce qu’il te manque de l’argent pour boucler ton budget. C’est ça la logique des demandes de subventions et d’aides financières.

Bon, allez, je m’arrête là. Allons faire le tour des aides qui existent pour t’aider à financer l’enregistrement de ton EP ou de ton album.

Comment obtenir une aide la SACEM

Logo de la Sacem
Aide à l'autoproduction de la Sacem

>> Qu’est-ce que la SACEM ?

Je pense que tu connais la SACEM, l’organisme de gestion collective des auteurs-compositeurs et éditeurs de musique. La SACEM collecte les droits d’auteur auprès des utilisateurs de musique puis les redistribue aux auteurs, compositeurs et éditeurs.

Si tu es auteur-compositeur, sache que la SACEM a un important budget dédié au financement de projets. Donc, n’hésite pas à regarder sur leur site : il y a plus de 50 programmes d’aides proposés par la Sacem !

Si tu es auteur-compositeur ET interprète (ou si vous êtes un groupe, mais que ce sont tes oeuvres qui sont majoritairement jouées), sache que la SACEM propose une aide à l’auto-production.

>> Sacem : Aide à l’autoproduction (physique ou digitale)

Les critères sont assez facilement remplis, tu verras.

Il faut notamment :

  • être auteur et/ou compositeur de la majorité des titres enregsitrés
  • minimum 5 titres sur l’EP/album
  • prévoir minimum 250 exemplaires à la vente
  • avoir payé la SDRM (of course!)

Mais du coup tu t’en doutes, il y a BEAUCOUP de demandes.

Et ce qui fait souvent la différence entre un dossier plutôt qu’un autre, c’est ce qu’il y a écrit en gras sur le site :

“L’environnement professionnel (éditeur, producteur de spectacle, salle de concerts…), la stratégie de développement envisagée (attaché de presse, Community Manager…), la présentation d’une programmation scénique (plan de tournée) liée à la production du projet sont des critères d’appréciation importants dans la prise en compte de la demande”

Ma traduction personnelle : TON TALENT, “TON” SON, “TA” MUSIQUE, on s’en fiche royalement. (Ne t’enflamme pas ^^ Je t’explique pourquoi dans mon “dernier conseil pour la route” en fin d’article)

Un conseil : fais attention à ta présentation. Elle doit être de qualité professionnelle. Surtout si tu es un jeune projet et que “l’environnement professionnel” en question ou le “plan de tournée” sont légers…

A savoir : L’aide n’est pas calculée en fonction du budget. C’est la même aide pour tous les projets : 4.500€.

Pour avoir plus d’info et déposer ta demande, c’est ici directement sur le site de la Sacem. Tout en bas de la page, il y a la liste de tous les projets aidés : tu as leur nom et même leur site web/facebook. Ça peut t’inspirer pour constituer ton dossier.

Comment bénéficier des aides de l’ADAMI

Logo de l'Adami, société de gestion collective des artites-interprètes

>> Qu’est-ce que l’ADAMI ?

L’ADAMI est l’organisme qui va collecter puis répartir l’argent dû aux artistes-interprètes (musiciens, danseurs, comédiens…) suite à la diffusion de leurs interprétations à la télévision, à la radio, dans les lieux publics, etc.

Si tu as besoin de te rafraîchir la mémoire, tu peux (re)lire l’article sur les droits des artistes-interprète. 🙂

L’ADAMI a pour mission également de redistribuer une partie de cet argent collecté auprès des diffuseurs (radio, télé, lieux publics, etc) pour financer les projets des artistes-interprètes. D’où les nombreux programmes d’aides que tu peux trouver sur le site.

>> Adami : Aide à l’enregistrement

L’Adami peut t’aider à financer UNE PARTIE de ton budget d’enregistrement, à condition d’avoir :

  • une structure juridique (au moins une association)
  • déjà enregistré au moins 1 EP/Album (pas d’aide pour les 1ers albums avec ce programme)
  • signé un contrat de distribution (physique OU digitale).

Bien entendu, les musiciens sont déclarés et rémunérés selon les tarifs minimums imposés par la convention collective de l’édition phonographique (tu peux trouver les infos sur le site OU même les appeler directement pour savoir quels sont les salaires minimums à déclarer. Ils te répondront sans problème).

Il y a également d’autres critères à respecter, et tu trouveras la liste complète sur leur site : lien vers le programme d’aide à l’enregistrement de l’Adami

Tu peux aussi voir la liste des projets déjà aidés les années précédentes. D’ailleurs, c’est le cas pour toutes les aides, pour toutes les sociétés de gestion collective. Tu as le nom du projet, de la structure et du montant alloué. Ce ne sont pas des informations confidentielles.

>> Adami : Aide à la promotion d’album

A l’ADAMI, il y a un autre programme d’aide qui est prévu pour les artistes en autoproduction, toujours à condition qu’ils aient déjà enregistré un premier album/EP auparavant.

Si tu en es au moins à 2ème EP/album, que tu l’as déjà enregistré mais qu’il n’est pas encore commercialisé, tu peux essayer de demander l’aide à la promotion d’album de l’ADAMI.

Cette aide de l’ADAMI peut financer jusqu’à 80% de ton budget “promotion” (attaché de presse, achat d’espaces publicitaires, fabrication d’exemplaires promo, EPK, etc).

Pour en savoir plus, tu peux aller cliquer sur le lien vers le programme d’aide à la promotion d’album de l’Adami.

Dans les sociétés de gestion collective dédiées aux artistes, il y a bien sûr la SPEDIDAM. Mais je n’en parle pas ici, dans la mesure où elle ne propose pas d’aide à l’enregistrement.

Comment obtenir une aide financière de la SPPF

Logo de la SPPF, société de gestion collective des producteurs phonographiques indépendants
SPPF, Société civile des Producteurs de Phonogrammes en France

>> Qu’est-ce que la SPPF ?

La SPPF c’est une des deux sociétés de gestion collective des producteurs phonographiques (la seconde c’est la SCPP). La SPPF reversent aux producteurs les revenus qui découlent de la diffusion de leurs enregistrements à la télé, à la radio, dans les lieux publics… Donc si tu produis toi-même ton EP/album, tu dois adhérer à la SPPF ou la SCPP pour pouvoir toucher cet argent (tes droits voisins de producteur en fait).

La SPPF propose différents programmes pour aider les labels à financer leurs projets, et notamment un programme d’aide pour l’enregistrement.

Dans la mesure où il s’agit d’aides qui s’adressent à des professionnels en activité, les aides sont peu accessibles aux débutants.

>> Sppf : Aide à l’enregistrement d’un album

Pour bénéficier de cette aide, il faut bien entendu que tu aies déjà une structure juridique (même une association, c’est ok) et que tu sois adhérent à la SPPF. Si tu n’es pas adhérent, tu peux néanmoins bénéficier d’une aide, si tu as signé un contrat de licence avec un label qui, lui, est adhérent à la SPPF.

Ce programme d’aide ne concerne pas les premiers EP ou album. Tu dois déjà avoir produit un premier EP/Album, et tu dois disposer d’un contrat de distribution physique.

Il te faudra respecter aussi le calendrier des commissions de la SPPF pour déposer ton dossier, et surtout tu ne dois pas avoir fabriqué ni diffusé encore ton enregistrement. Et oui, une demande de financement se prépare en amont.

Bien entendu, je le répète, un organisme de gestion collective ne financera JAMAIS un budget à 100%. Ça N’EXISTE PAS.

L’aide financière apportée couvrira UNE PARTIE de tes dépenses seulement. D’où l’importance de faire un budget optimal pour pouvoir demander le maximum.

Tu trouveras les informations détaillées sur le site de la SPPF, dans l’onglet Téléchargement (la première fois j’ai mis 1h pour trouver). Puis, tu vas dans la rubrique “Aide à la création”, et tu cliques sur “Critères d’attribution”. Et, enfin tu vas télécharger un fichier Excel.

Dans ce fichier : Attention il y a plusieurs onglets. Tu trouveras TOUS les critères de TOUTES les aides proposées par la SPPF. Du coup, tu peux voir quelles sont les autres aides qui existent.

Comment bénéficier d’une aide de la SCPP

Logo de la SCPP
SCPP, Société Civile des Producteurs Phonographiques

>> Qu’est-ce que la SCPP ?

La SCPP c’est la même chose que la SPPF. C’est une société de gestion collective qui gère les revenus des producteurs phonographiques (qui gère donc leurs droits voisins).

La différence entre la SCPP et la SPPF était à l’origine plutôt…politique disons. La SPPF est la société dédiée à 100% aux labels “indépendants”, alors que parmi la SCPP tu trouves aussi les majors (Universal, Sony, Warner). Sauf qu’à la SCPP, tu trouves aussi presque 3000 labels indé. Donc aujourd’hui, quel est vraiment l’intérêt de la distinction ?

Alors c’est vrai, que j’ai souvent trouvé plus de “chaleur humaine” et de considération quand je contactais la SPPF. Ils sont plus à l’écoute des petits labels. Alors que quand je contactais la SCPP, on me répondait souvent comme à une serpillière. Tu sens que t’es pas important. Bref, à voir comment c’est aujourd’hui.

Il y a ensuite des différences dans les aides existantes et dans le montant des aides allouées. Je dirais – selon mon expérience uniquement – que la SPPF aide plus de projets, même si elle alloue des petites sommes, alors que la SCPP en aide moins, mais le montant des aides qu’elle accorde est plus important (je n’ai pas fait de statistiques mais c’est un ressenti).

Au besoin, pour la distinction entre majors et indé, j’en parle à la fin de cet article ici : “Label, Maison de disque, Major, Producteur… : qui fait quoi”

Quoiqu’il en soit, la SCPP propose également un programme d’aide à l’enregistrement.

>> Scpp : Aide à la création de phonogrammes

Là encore, les aides ne sont accordées qu’aux producteurs adhérents. C’est normal puisque le budget des aides financières est constitué grâce aux revenus générés par la diffusion du travail de ces mêmes producteurs adhérents. C’est comme une boucle, une redistribution interne.

Les critères sont à peu près les mêmes que la SPPF, mais je te conseille de bien les lire et de ne négliger aucun détail.

La présentation du site est affreuse on doit bien le dire. Bref.

Quand tu es sur la page d’accueil de la SCPP, tu dois aller sur la colonne de gauche dans “Aides”, puis Règles d’attribution. C’est là que tu trouves les critères et modalités pour déposer un dossier.

Lis d’abord le 1er paragraphe concernant les règles générales, puis ensuite le paragraphe II sur l’aide à la création de phonogrammes.

Comment obtenir l’aide du FCM

Logo du FCM Fonds pour la création musicale

>> Qu’est-ce que le FCM ?

Le FCM, c’est le Fonds pour la Création Musicale. C’est une association créée en 1985 et qui regroupe tous les acteurs de la filière musicale (auteurs, compositeurs, éditeurs, artistes, producteurs). L’objectif à la création était de constituer “une voix unique” dans la négociation de certaines évolutions législatives.

En fait, toutes les sociétés de gestion collective participent au budget du FCM, ainsi que le Ministère de la Culture.

Si tu veux en savoir plus, l’histoire de la création du FCM et ses missions sont clairement racontées sur leur site dans l’Historique

Dans sa vocation de soutenir la création musicale française, le FCM a mis en place plusieurs programmes d’aides financières, donc des aides pour l’enregistrement.

>> Fcm : Aide au disque “Variétés” et Aide au disque “Musiques”

Oui, ça s’appelle encore aide au disque.

Il y a 2 types de programmes : Le programme d’aide au disque de “Variétés” et l’aide au disque de “Musiques“.

Le programme “Musiques” soutient les projets de musique classique, contemporaine, jazz de création, musiques traditionnelles et du monde.

Le programme “Variétés” soutient les “non musiques” 🙂 c’est-à-dire tout le reste.

Les spécificité des critères d’attribution du FCM :

  • Pour l’aide au disque de “Variétés”, tu dois avoir une structure commerciale (pas d’aide pour les associations), alors que pour l’aide “Musiques” c’est ok si c’est une asso.
  • Il faut un contrat de distribution physique OU numérique
  • Il ne faut pas avoir encore commercialisé l’enregistrement au moment du dépôt de dossier
  • Bien entendu, tous les musiciens et techniciens sont rémunérés (déclarés) comme il se doit
  • Et chose importante : l’aide du FCM est incompatible avec l’aide à l’autoproduction de la SACEM. C’est soit l’un soit l’autre.

Pour le reste des critères, il y a un dossier à télécharger, avec une fiche PDF qui reprend toutes les conditions à respecter. Tu trouveras aussi le calendrier des commissions. Lis bien tous les critères, et fais bien attention à la synchronisation des dates.

Sur le site du FCM, c’est par là pour la demande d’aide au disque de “Variétés” et là pour l’aide au disque de “Musiques”

Astuce : si tu as un répertoire un peu “entre deux”, genre “pop éthiopienne” ou “rock nigérian” ou autres, essaye de voir quels sont les critères qui t’arrangent le mieux. Ainsi, tu peux présenter ton projet soit comme “pop” si tu veux bénéficier de l’aide au disque de Variétés, soit comme “musiques du monde” si tu veux bénéficier de l’aide Musiques (si t’es une asso par exemple).

Un dernier conseil pour la route

Je voudrais terminer en rappelant que quand tu demandes une aide FINANCIÈRE, donc de L’ARGENT pour financer ton projet, tu te places sur un TERRAIN ÉCONOMIQUE, PAS ARTISTIQUE.

Donc ce qui intéresse fondamentalement les personnes qui vont t’accorder cet argent (oui, parce que ce sont des humains, même derrière les “institutions” et les “organismes”), c’est la VIABILITÉ ÉCONOMIQUE de ton projet.

PEU IMPORTE la qualité artistique de ton projet !

Tu chantes bien, mal, faux, on s’en fout. Tu fais de la musique depuis l’âge de 5 ans. Toute ta famille est musicien. Tu puises tes inspirations dans les textes sacrés de l’Himalaya, on s’en fiche. Et c’est tant mieux. Tant mieux ??!

Oui, parce que ce n’est pas ce que tu leur DEMANDES ! Quand je demande un prêt à la banque pour financer une maison, je ne lui demande pas son avis sur la maison (“euh vous n’avez pas le prêt parce que je trouve que le jardin est petit et qu’il manque un WC” !) T’imagines ?

Donc quand tu fais une demande d’aide pour financer l’enregistrement de ton album, tu ne t’adresses PAS au Jury de The Voice ou Pop Stars !

Donc ne perds pas de temps à raconter tes inspirations romantiques ou tes recherches esthétiques, on s’en fout pour dire les choses franchement.

Du coup, ne stresse pas pour ça. Ne te justifie pas sur l’artistique, ça, ça ne les regarde pas.

Insiste plutôt sur la viabilité économique et l’intelligence stratégique et commerciale de ton projet.

Rappelle-toi toujours pourquoi en face on va te donner de l’argent. Pour défendre quoi, remplir quelles missions, quels objectifs. Et surtout, en quoi, aider ton projet va leur permet de remplir leur mission.


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