[Mythes & Bullshits de la Musique] # 3 – Le “Tue-Business”


Music Business / mercredi, juin 19th, 2019
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Temps de lecture estimé : 5 min

Épisode 3 : Le “tue-business”

Pour ceux qui préfèrent écouter, voici la version audio de l’article :

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Quel rapport avec une photo de fraises ?! Lis jusqu’au bout ! 🙂


Après le tue-l’amour, je te présente le tue-business, j’ai nommé le :

Moi, moi, moi, moi, moi, moi, et re-moi.

Je ne sais plus combien de musiciennes et de musiciens débutants j’ai croisés avec des exigences démesurées lorsqu’ils cherchaient un manager ou un producteur, pour…« les aider à réaliser leur rêve »…

Pfff …

Et ce “pfff” ne s’applique pas qu’aux artistes, ils nous concernent tous en réalité.

Je crois que c’est une des pires croyances, celle qui a brisé plus d’une relation… j’ose à peine rajouter “professionnelle”

Que ce soit pour trouver un manager, un producteur, un éditeur, un banquier, n’importe quel partenaire professionnel, associés, musiciens, pour demander des subventions, des collaborations, des sponsors…

LA QUESTION-CLÉ à toujours garder en tête est :

Oui, je l’écris en énorme parce que c’est important :))

POURQUOI quelqu’un va donner de SON argent / SON temps / SON énergie, pour que TU puisses TOI réaliser TON projet ???

POUR QUELLES RAISONS ?!!

Et bien, c’est tout simple.

C’est pour pouvoir réaliser son projet A LUI, son rêve, sa mission, son objectif.

#SuperScoop : les gens veulent réaliser LEURS objectifs, pas les tiens !

Garde toujours en tête ce précieux conseil :

L’objectif de la personne en face de toi n’est JAMAIS de réaliser TON RÊVE,
mais de réaliser
SON RÊVE.

Et TON JOB
consiste à répondre à cette question :
EN QUOI PUIS-JE
L’AIDER ?


C’est ESSENTIEL à comprendre quand tu veux travailler avec un label, avec un manager ou quand tu fais une demande de financement.

Oserais-je dire, à chaque fois que tu veux obtenir quelque chose dans la vie en général...?

Tu ne dois pas SURTOUT PAS uniquement parler de toi, et de ton projet.

Tu dois prendre en considération les objectifs, les rêves, les intérêts de la personne avec qui tu veux collaborer.

Les rois du marketing ont très bien compris ça, mais ça marche pour tout.

Et c’est essentiel pour pouvoir devenir musicien.ne professionnel.le.

Grâce à ça, tu vas pouvoir capter l’attention de ton interlocuteur, le toucher, l’intéresser (puisque tu lui parles de LUI, de SES rêves).

Tu vas trouver les bons arguments, puisque tu auras compris quels sont les intérêts de la personne en face de toi.

Parce que NON tout ce qui compte n’est pas ta musique!!

Je vais te dire une chose, même si c’est parfois pénible à entendre :

Les professionnels que tu vas rencontrer s’en contrefoutent de ton talent, de ton génie, de ton art, de “ton son”, si ça leur rapporte 0,82cts par an en streaming !!

Donc, si tu veux mettre toutes les chances de ton côté, mets toi à la place de la personne que tu essayes de convaincre !

Il n’y a que comme ça que tu pourras trouver les BONS arguments, ceux qui vont la convaincre et te permettre d’OBTENIR CE QUE TU VEUX. Et donc, de réaliser TON rêve 😉


Pour aller plus loin : Une histoire de fraises et de vers de terre

L’histoire d’un livre qui a traîné sur ma bibliothèque pendant 27 ans…

En 1992, un ami de mon grand-père lui a offert un bouquin. J’avais 13 ans (oui tu peux faire le calcul – gloups).

Mon grand-père a tellement adoré le livre qu’il a conseillé de le lire à tout le monde autour de lui, mes parents, mes oncles et tantes.

Sauf qu’en voyant le titre du livre, tout le monde a ri et s’est moqué de lui. Et bien sûr personne n’a lu le livre et tout le monde a ignoré ses conseils (quelle erreur…).

Ce livre est donc resté sur l’étagère comme un vilain petit canard abandonné. Je l’ai récupéré et je l’ai gardé tout ce temps, malgré les déménagements, le désencombrement de mon appart, les cartons à Emmaüs.

Et bien, ça y est, je viens de le lire. 27 ans plus tard…

Et ce bouquin c’est le best-seller “Comment se faire des amis” de Dale Carnegie, écrit en 1936.

Au départ, il a été publié en 5.000 exemplaires. Aujourd’hui, après plusieurs rééditions le livre s’est vendu (et continue à se vendre!!) à plus de 40 millions d’exemplaires, traduit en 37 langues…

Le titre est un peu mal choisi, mais l’auteur partage des principes (de bon sens ?) pour apprendre à bien s’entourer, gagner la sympathie des gens, faire en sorte que les personnes aient envie de t’aider à réaliser tes projets.

Ça a l’air de rien mais c’est un livre qui a contribué à la réussite de milliers d’hommes et de femmes d’affaires, d’entrepreneurs, des personnages politiques.

Le livret de chevet de Warren Buffet

Tu connais Warren Buffet je pense. Un des hommes les plus riches du monde, multi-milliardaire, un des meilleurs investisseurs de tous les temps et un des plus grand philanthrope actuel ?

Il raconte que c’est la lecture de ce livre – non pardon – que c’est l’application des conseils du livre, qui lui a permis de réussir.

Il était jeune et inexpérimenté, ne connaissait rien aux affaires. Grâce aux conseils qu’il a appliqués, il a pu adopter la bonne attitude : écouter au lieu de parler, s’intéresser aux autres au lieu de parler de soi, prendre en compte les envies de la personne en face et l’aider à réaliser ses objectifs.

L’application de ces sages et précieux conseils lui ont permis en somme de s’entourer des bonnes personnes, de prendre des bonnes décisions, de bien négocier, d’obtenir ce qu’il veut tout en venant en aide aux autres, et finalement s’enrichir, devenir milliardaire, redistribuer son argent et construire une vie riche.

Pourquoi je te raconte tout ça ?

Tu préfères les fraises ou les vers de terre ?

Et bien, parce que, comme tu l’auras compris, le conseil qui est la BASE de l’enseignement de Dale Carnegie est précisément celui de s’intéresser aux autres d’abord, de se mettre à leur place et de leur parler de ce qu’ils veulent.

Si tu veux qu’une personne accomplisse une action (répondre à ton mail, passer ton titre à la radio, travailler avec toi, acheter ton disque, etc.), il n’y a qu’un seul moyen nous rappelle Dale Carnegie : “C’est de susciter en elle le désir d’accomplir cette action”

Relis bien cette dernière phrase : susciter en elle le désir d’accomplir cette action.

Comment est-ce qu’on peut faire naître ce désir si on ne connait RIEN de la personne en face et qu’on l’assomme avec nos : moi, moi, moi, moi, moi, moi ??!

Pour finir et pour illustrer ce principe, je cite ce passage du chapitre 3 que j’aime beaucoup : Une histoire de fraises et de ver de terre 🙂

Chaque été, je vais pêcher au lac du Maine. En ce qui me concerne, je raffole des fraises à la crème. Mais j’ai découvert que, pour quelque raison mystérieuse, les poissons préfèrent les asticots. Aussi, lorsque je pêche, je ne pense pas à ce que j’aime, moi. Je pense à ce qu’ils aiment, eux. Je n’appâte pas mon hameçon avec des fraises à la crème. Je choisis plutôt un beau ver, quelque sauterelle, que je balance devant le poisson en lui disant : “N’en as-tu pas envie ? .

Pourquoi n’emploierions-nous pas la même tactique à l’égard des hommes ?

Dale Carnegie, Comment se faire des amis


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