David Bowie, superstar et homme d’affaires ingénieux 


Biographie, Music Business / vendredi, mars 29th, 2019
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Temps de lecture estimé : 3 min

Le palmarès de David Bowie, icône pop, auteur, compositeur et interprète, n’est plus à présenter : une carrière de plus de 50 ans, 27 d’albums studio dont 18 disques d’or, presque tous vendus à plus d’un million d’exemplaires…

On connaît pourtant moins l’autre facette de sa carrière, centrée sur les affaires : celle d’un Bowie businessman, aux placements financiers avisés, qui gère ses contrats avec brio.

David Bowie : artiste et businessman

De Ziggy Stardust…

Royaume-Uni, 1972. Un gamin de Brixton, 25 ans, David Bowie, déjà remarqué pour sa chanson « Space Oddity », étonne le public en se pavanant sous les traits d’un curieux personnage, Ziggy Stardust, sorte d’alter ego glam rock au look androgyne et exubérant. Sa voix, son allure, ses costumes et surtout sa présence scénique ne manquent pas de marquer les esprits. Très vite, Bowie prend conscience de son potentiel et de celui de son avatar. Celui qui se rêve en héros, « juste pour un jour », se construit un personnage médiatique, et ne le quittera plus : c’est le début de sa carrière de superstar.

david bowie de ziggy stardust à bowie businessman

En 1975, David Bowie met fin à un contrat avec le manager Tony Defries, dont il ne gardera pas un bon souvenir, ce dernier touchant la moitié de la fortune du chanteur.

La star décide alors de prendre en main ses affaires : désormais, c’est lui qui gère ses droits, contrôle son image publique, et surtout son argent.

Il s’entoure alors de proches conseillers financiers, dont le fidèle Bill Zysblat, qui démarre comme comptable sur la tournée de 1983, et deviendra par la suite son directeur commercial sans plus jamais le quitter – Bowie allant même jusqu’à lui confier l’organisation de sa succession.

à David Bowie businessman !

Cette même année, le chanteur signe un contrat global avec EMI, d’un montant de 17,5 millions de dollars. L’artiste devient alors officiellement un « businessman ».

Il ne manquera pas de revendiquer cette dénomination lors des entrevues et conférences de presse, auxquelles il se rend désormais en costume-cravate. Par la suite, et c’est capital, David Bowie reste propriétaire de ses enregistrements. Il n’en confie l’exploitation à des maisons de disques qu’à l’occasion de contrats ponctuels et extrêmement bien encadrés. La parfaite maitrise et la gestion minutieuse de sa carrière ne s’arrêtent pas là. Pour ses tournées, l’artiste ne fait appel qu’à un seul et même organisateur. En 1996, il prend même l’initiative de publier en ligne l’un de ses titres inédits, comme en pied-de-nez aux maisons de disques, inquiètes pour leurs ventes physiques.

Le succès des Bowie Bonds

Wall Street, 1997. Face à un succès fulgurant, Bowie veut assurer son avenir financier. Il décide alors de faire ce que le groupe Kiss avait déjà tenté de faire avant lui : entrer en Bourse en monétisant ses propres royalties. Ce qui s’était soldé par un échec pour les rockeurs américains s’est révélé être un coup de maître pour la superstar britannique.

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Son idée est simple : « titriser » ses droits d’auteur. Ça veut dire les transformer en titres boursiers, humblement dénommés les Bowie Bonds. Comme des actions en bourse, il les vend ensuite à des investisseurs pour un taux d’intérêt garanti à 7,9% sur dix ans. Concrètement, à chaque fois que l’une des chansons est diffusée, les investisseurs touchent alors un pourcentage dessus. Avec une vingtaine de disques d’or à son actif, David Bowie, 55 ans et une grande partie de sa carrière derrière lui, touche le pactole. Ce montage financier, mis sur pied avec un célèbre banquier, lui vaut de gagner la somme de 55 millions de dollars quasi-instantanément. Cela lui évite d’attendre pendant plusieurs années les retours sur ses droits d’auteur.

Visionnaire, moderne et résolument audacieux. David Bowie a su être créatif tant dans son œuvre musicale que dans la gestion de ses contrats. Entrepreneur assumé, cet homme d’affaires au costume de paillettes est l’exemple même de la réussite d’un modèle économique réfléchi. Il sera d’ailleurs imité quelques années plus tard par Iron Maiden ou encore James Brown.


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